En quatre albums, le style de ce groupe yankee a fondamentalement évolué, glissant d'un trash punk geignard à la limite du chaotique (Blood On The Saddle?), vers un country rock teinté de garage. "Anodyne" fait ainsi la part belle aux ritournelles on ne peut plus traditionnelles (ça rime!), ne laissant malheureusement que trop peu de place aux compositions les plus excitantes. Profilées tantôt sur le hardcore juvénile de Buffalo Tom, voire de Dinosaur Jr, tantôt contaminées par l'électricité fiévreuse chère à Neil Young, celles-ci s'épanchent alors délicieusement avec mélancolie, amertume, angoisse ou désespoir au creux de la mélodie. Evidemment, à Belleville, près de Saint Louis dans l'Illinois, les musiciens de couleur blanche jouent du country. Alors, comment voulez-vous que le groupe fasse totalement abstraction de ses spécificités naturelles ? Simplement, Uncle Tupelo tente d'une manière "Anodyne" de s'adapter au goût du jour. N'empêche, avec un peu plus d'audace, cet opus aurait pu nous faire flasher. Ce n'est peut-être que partie remise !

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