Vingt secondes de chant liturgique, c’est le seul répit accordé par Wömit Angel avant de laisser exploser les fantasmes de leur cerveau reptilien. "Holy Goatse" vous traîne dans les plus vils instincts sataniques imaginés par les Finlandais. Hommage à un Satan qui se vautre dans les chairs déchirées, la sexualité contre-nature, le blasphème sur fond d’histoire de sorcière, de faits divers sordides ou de sadomasochisme gras. La couleur est annoncée d’entrée de jeu : tête de cochon mutilée, crochet de boucher, injure au savoir-faire des grands maîtres charcutiers. Ce n’est pas un coup d’essai pour les Finlandais. Leur premier elpee "Sodomatik Rites of I.NR.I.", sorti en 2012, nous avait déjà proposé un art qui tient plus de Jheronimus Bosch que du Douanier Rousseau. Je vous laisse chercher seul !
Au-delà de cette aura de bassesse, W. Horsepreacher, J. Violatör et Vile Anarchy proposent un Black Métal grinçant, fortement teinté de punk. Couverts de sang et de luxure, ils enchaînent les riffs, tambours violents en rythmes rapides, vocaux haineux dignes des pires moments de Sid Vicious et chœurs growls de chiens asthmatiques. Ces neuf titres regorgent d’influences : Motörhead, Impaled Nazarene, Sex Pistols, Mayhem. Mais plus qu’un ensemble linéaire, "Holy Goatse" est une succession de bons et de moins bons moments musicaux, une sorte de manga pornographique décadent au cours duquel de véritables constructions musicales sont entrecoupées de dissonances anarchiques. C’est ce qui en fait sa richesse. La montée en puissance et en destruction auditive est progressive. Ainsi "Serpens Cauda" et "Skin’n’Fuck" restent audibles et rythmés jusqu’à ce solo de guitare, en fin de morceau, fasse un peu tache dans l’originalité proposée. "Nekrofilian kutsu" est la plage qui se réfère le plus à l’univers punk ; mais de nouveau le solo gâche un peu le plaisir. "Nailgun Crucified " constitue le moment phare de l’ouvrage. Rien à blâmer. C’est jouissif pour les amateurs de punk pur et dur. Mais à partir de "Summoning the Spirits of Agony", piste au cours de laquelle éclate la guitare à la Motörhead, on passe en mode violence totale, parfois lassante, jusqu’à la folie vocale en soixante secondes du titre éponyme. A noter encore une belle prestation dérangeante de la dame fessée dans "The Witchhammer", histoire de sorcière et de trahison sur fond de torture.
Autant, à certains moments, j’ai pris mon pied au travers de ces 24 minutes de mise en ambiance sordide et vulgaire, autant à d’autres, l’expérience est devenue insupportable. Pourtant, dans les deux cas, à chaque écoute, j’y ai déniché quelque chose de nouveau. En conclusion, si vous cherchez de l’extrême à inscrire dans votre imaginaire, si vous avez une conception du Diable qui en exclut l’adjectif 'Malin' pour en créer une image voyeuriste à la Torquemada ou si vous avez honteusement raté vos études de boucherie parce que vous aimez massacrer du gigot, alors Wömit Angel vous mettra la bave aux lèvres. Pour les fans absolus, un nouvel EP "Maggotmouth" est en téléchargement libre sur leur site (ici) ou via Facebook. Ils nous proposent deux nouveaux titres et un réenregistrement qui remercie Vile Anarchy pour son dernier crime commis en compagnie de Wömit Angel.
Si vous êtes instable émotionnellement et éprouvez des difficultés à gérer vos pulsions, passez cependant votre chemin…

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