Casté en 2003 pour sa belle gueule par une chaîne télévisuelle française afin de participer à l’émission de télé-crochet Popstars, M. Pokora (Matthieu Tota, de son état civil) remporte, aux côtés de ses deux acolytes, Lionel et Otis, et sous le patronyme de Linkup, ce concours. Le succès sera immédiat, mais éphémère.
Depuis, le gaillard a fait son petit bonhomme de chemin. Son sixième album paraît sous un acronyme aussi pompeux que ronflant : « R.E.D. (Rythmes Extrêmement Dangereux) ».
Dans les bacs, depuis le 2 février 2015, ce long format aux couleurs mélodiques pop, imprimé sur des rythmes funky et bercé de ballades sentimentales est défendu par les singles "Le monde" et "On danse".
Plutôt tape à l’œil, le chanteur apparaît endimanché dans son costume classieux. Le tout sur fond rouge.
L’album impressionne ! A commencer par la plage d’ouverture. Tout simplement pathétique ! Une idée de bas étage ! L’artiste s’y fend d’un étrange plaidoyer qui n’apporte absolument rien : ‘Mesdames et Messieurs, il se peut que durant cette expérience, vous ayez des fourmis dans les jambes, dans le corps. Et un sourire indélébile sur votre visage. Alors, laissez-vous aller. Et bienvenu dans R.E.D’.
Le contenu dans sa globalité est du même acabit ! On s’ennuie dès les premières minutes ! La musique est d’une telle platitude et les textes sont d’une telle pauvreté, que le constat en est hallucinant ! Le bellâtre y parle surtout d’amour et de ruptures sous toutes ses formes, de manière assez personnelle, mais sans véritablement convaincre. Tout au plus, les adolescentes prépubères y trouveront leur compte, ravies de disposer d’une nouvelle batterie de tubes à fredonner entre copines, dans la cour de récréation.
Il s’offre pourtant le luxe d’un duo. En compagnie de Soprano. Pour « Mieux que nous ». Ce qui devrait lui permettre d’élargir son champ d’action et de toucher un public un peu plus sensible au rap.
Loin de moi l’idée de stigmatiser ce genre. J’admets qu’il en faut pour tous les goûts. Mais, doit-on pour autant considérer à tout prix la musique comme un sous-genre culturel ?
Le nombre de disques écoulés depuis sa sortie a permis à M. Pokora de signer le meilleur démarrage de sa carrière. Une situation sans doute consécutive aux groupies féminines. Et oui, autant dire les choses telles qu’elles sont : il brille davantage par sa photogénie et ses qualités scéniques que par ses capacités vocales !
Quoiqu’il en soit, on sent que cet opus est plutôt taillé ‘clubbing’. En showman chevronné, le Sieur Tota devrait également briller en live. Le ‘R.E.D Tour’ réunira d’ailleurs douze musiciens, deux acrobates et une troupe de danseurs ! C’est dire si le spectacle semble alléchant. A bon entendeur…

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