Noel Gallagher, c'est un peu un vieil amant : vous savez ce qu'il vaut, parfois il vous comble, parfois il vous déçoit. Il tente parfois de nouvelles expériences, tel un jeune premier... et parfois, oui, parfois, la nuit n'est pas exceptionnelle. Et celle vécue tout au long de ce "Chasing Yesterday" n'est franchement pas exceptionnelle...
Il y a 20 ans, Oasis nous assénait une claque monumentale à travers « What’s The Story (Morning Glory) ? » Une claque dure et franche, portée par « Wonderwall », « Don’t Look Back In Anger », « Champagne Supernova » et quelques autres titres, administrée avec une précision chirurgicale et une maîtrise exceptionnelle par son compositeur, Noel Gallagher. Une claque qu’il nous flanquait à nouveau en 2011, lorsqu’il publiait « Noel Gallagher's High Flying Birds », confirmant, si besoin était, qu’un Noel sans Oasis c’est quand même foutrement bon !
Alors entre deux piques assassines adressées à Liam, qui enterre gentiment son Beady Eye loin de nos pauvres oreilles, on pouvait s’attendre à une belle continuité et à pourquoi pas à du renouveau de la part de Noel Gallagher et ses High Flying Birds, en découvrant ce « Chasing Yesterday »… Malheureusement, ce n’est pas le cas. Definitly No. Après une écoute complète de l’opus, une seule question vient à l’esprit : où sont passés les refrains pêchus dont il a le secret ? La mélodie est présente, tant instrumentale que vocale, mais l’œuvre dans son ensemble est plate, morne, presque chiante… Les pistes s’enchaînent, lentement. Très lentement. Trop lentement.
Le single « In The Heat of The Moment » plait… mais peine à servir d’accroche à l’LP, à le sortir de sa torpeur lancinante. Au détour du sommeil, on croise « The Girl With X-Ray Eyes » et on se pose une question existentielle : la vitesse de lecture du cd aurait-elle, par hasard, ralentie ? Non ? C’est une chute d’Oasis, mort déchiré au bourbon dans un bar vide à trois heures du matin alors ? Oui ? Absolument !
De sa collaboration auprès du duo électro Amorphous Androgynous, il n’a conservé que le peu convaincant « The Mexicans » qui aurait très bien pu se perdre entre l’enregistrement et le mixage ; et « Right Stuff », pas beaucoup plus engageant à moins de vouloir se mettre à l’hypnose sous perfusion. Le titre démontre par contre la mæstria de Noel à la mise en forme. Au détour de l’album, on se surprend à se demander ce que peu bien foutre « Look at Doors » sur ce disque. Basique, scolaire. Une chute de studio refusée par Liam ? Son confrère de scolarité, « You Now We Can’t Go Back », devrait par contre lui permettre de toucher un nouveau public.
Moins folk que le morceau précédent, « Chasing Yesterday » tente de convaincre une nouvelle génération, puise dans les influences de son créateur et producteur et n’est finalement qu’un prétexte, un prétexte pour une nouvelle tournée. Davantage une ‘compilation’ de morceaux qu’un véritable album que signe ici Noel Gallagher. Un disque qui a défaut d’être bon, n’est pas vraiment médiocre. En fait, il n’est pas bon, mais il a été mis en forme –et de main de maître– par un gars qui s’y connaît dans le milieu… mais qui est capable de faire tellement mieux. Reviens Noel !

Nederlands
Français 
