The Apartments est une formation australienne fondée en 1978. Peter Milton Walsh en est le fondateur. Ce natif de Brisbane a cependant émigré à Londres vers la mi-eighties, passé quelque temps à New York avant de revenir vivre dans son pays natal. Parmi ses proches amis figurent Ed Kuepper (NDR : oui, oui, l’actuel guitariste de Nick Cave) et les membres de Go-Betweens, dont le regretté Grant McLennan ainsi que la multi-instrumentiste Amanda Brown qui a rejoint le band du chanteur/compositeur/guitariste pour y jouer du violon. Un line up qui, vous vous en doutez, a souvent changé de formule… Aucun album de chansons inédites signé par The Apartments n’était paru depuis « Apart », en 1997. Une raison ? Ben oui, gravement malade, le fils de Peter est décédé en 1999. Ce disque lui est d’ailleurs dédié. L’artiste n’avait donc plus tellement envie de revenir à la musique. Et c’est sous l’impulsion de quelques inconditionnels issus de l’Hexagone qu’il a repris le chemin des salles de concerts, et puis surtout du studio. En résulte ce « No son no spell no madrigal », son sixième opus studio, publié en 30 ans. Une œuvre remarquable habillée par une superbe pochette signée Pascal Blua et produite par Wayne Connolly…
Mais venons-en au contenu de l’elpee. Qui s’ouvre par le titre maître. Et immédiatement on est plongé dans un climat empreint d’une profonde mélancolie. Mais sans jamais tomber dans le pathos. Faut dire aussi que la voix nasillarde, particulière (NDR : Peter Perrett ? Edwyn Collins ?) et introspective de Walsh colle parfaitement à cette atmosphère. Le piano est la colonne vertébrale des compos, des compos élégantes, douces, déchirantes régulièrement enrichies de cuivres ou de cordes élégiaques. Parfois même aussi de chœurs, comme sur « Twenty one », une chanson qui évoque précisément la disparition de son fils, et dont le final est construit suivant un crescendo somptueux. Souple, bavarde, la ligne de basse peut se charger de swing, comme sur « The house that we once lived in ». Natasha Penot (Grisbi) partage un duo sur « Black Ribbons », un morceau qui était paru en single dès 2011. Deux titres plus pop. « September skies », abordé dans l’esprit des Go-Betweens, et le plus enlevé « Please, don’t say remember », morceau qui date du début des 90’s. Et le disque de s’achever par « Swap places », un titre lent au cours duquel Peter pose une question existentielle : ‘Où est Dieu dans tout ça ?’ Superbe, bouleversant et tout en retenue, cet album est assurément un des musts de l’année 2015.

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