C’est avec une joie non dissimulée que votre serviteur se plonge dans « Brain Cream », le nouvel album de Jaill dont il a adoré les deux précédents, délicieusement ‘jemenfoutistes’ et marqués par le plus pur esprit ‘slacker’, autrefois si cher à Pavement et réhabilité plus récemment par ce diable de Mac DeMarco… Depuis Milwaukee, ce trio yankee, totalement remanié (NDR : seul Vincent Kircher –dont la voix nasillarde est tellement caractéristique, rappelant même étonnamment celle de l’ex-Supergrass Gaz McCoombes– figure toujours au générique), propose un rock louvoyant entre garage et pop, malgré des lyrics qui détonnent ; il sont d’ailleurs le plus souvent auto dépréciatifs (« Change Reaction »). Dans sa prison définitivement dorée, Jaill jongle donc entre les styles : depuis le surf rock (« Picking My Bones ») à la pop 60’s (« Just a Lovely Day »), en passant par le rock psyché (« Slides and Slips ») ; et il a bien raison de ne pas choisir ! Malheureusement, nos loustics oublient parfois les mélodies imparables qui faisaient la force de « Traps ». Mais rien que pour le charmant et foutraque « Draggin’ », Jaill reste cette sucrerie sur laquelle on continuera à se ruer à la moindre envie de savourer des mélodies onctueuses… Cet elpee ne changera pas votre vie mais la rendra définitivement plus belle pour quelques minutes ! Une crème tonifiante pour le cerveau en quelque sorte…

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