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Maïteutiste

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Enigmatique. Tel pourrait être le maître mot de cet album, à plus d’un titre. Un digipack sobre, noir et argenté, illustré en couverture par un visage cornu, mi-humain, mi-animal, apparaissant comme si on avait placé un morceau de papier au-dessus d’une pièce de monnaie et qu’on avait gratté la surface au crayon (vous avez certainement déjà appliqué cette technique…) Rien de plus : pas un titre, pas un nom de groupe ; seul apparaît indistinctement ce faciès démoniaque, au regard perdu dans le vide. Le contenu de l’opus est découpé en deux volets. Au lieu de lyrics ‘classiques’, on a droit à des chiffres et des lettres combinés, semblables à des localisations, peut-être astronomiques, vu que certaines se réfèrent aux astronomes Hevelius et Ptolemee. Ce n’est qu’en retournant le digipack que, pour la première fois, apparaît le patronyme du band. Il figure sur la gauche du tracklisting de l’elpee. Etonnant !

Maïeutiste est un combo français. Féminin aussi. Et son LP est éponyme (NDR : pour votre info –en résumé, il est vrai–la maïeutique, c’était un discours philosophique prôné par Socrate, destiné à faire prendre conscience à tout humain ce qu’il sait implicitement).

Il s’ouvre par une introduction certes familière au Black Metal : des distros aigues, lentes et froides mais néanmoins enrichies, dès le départ, d’accords de sèche. Une plongée progressive au sein d’un paysage brumeux. Cette intro est subitement stoppée en plein vol par un cri glauque et morbide, qui aurait pu émaner de la voix de Nocturno Culto (Darkthrone). Et le tout est souligné par un martèlement rapide de batterie et parcouru de lignes de guitares à l’arrière-goût épique. Bienvenue dans « Eveil », première partie cet opus. Le rythme se calme, commence même à languir. Des voix en arrière-plan, peut-être divines, envahissent à présent tout l’espace. On croirait presque assister à un retour de Bélénos, lorsque le combo hexagonal a entamé son aventure. Bien qu’indéniablement inscrit dans un registre Black Metal, Maïeutiste prend la liberté de récupérer çà et là des ingrédients d’autres courants du Metal ; comme lorsque des riffs thrashy amorcent « Reflect-Disappear », troisième plage du long playing. « Purgatoire » nous permet de quitter la planète afin de nous emmener au gré de cette piste atmosphérique vers l’inconnu, au rythme des tambours et des vocaux graves (tels des chants sacrés tibétains) avant d’être finalement hypnotisé par une guitare sèche répétitive. Une ballade dans le néant.

Les tambours s’emballent à nouveau. Tous les sons se mêlent, entraînant un rapide retour dans les enfers pour la seconde partie de cet LP, à juste titre baptisée « Chute ». Après avoir touché le divin du bout des doigts, des lignes de chants similaires à ceux d’Attila Csihar, vocaliste de Mayhem, nous ramènent au royaume des bannis, plus bas que terre. On navigue à l’aveugle, entre douces incertitudes et moments d’angoisse précipités. Vient « Absolution », démarrant par des parties de guitares entre jazz et blues, le tout sur un fond de batterie aux cymbales glaçantes, un bref moment de chaleur humaine précédant un retour haineux et déjanté, nourri d’un magma de cris et de distorsions. Une course folle qui poursuivra son rythme jusqu’au troisième volet de cette œuvre.

‘Elevation’, débute par un « Lifeless Visions » lent et mélancolique. Death, la voix semble sortie d’outre-tombe avant de rejoindre progressivement un choeur d’harmonies vocales célestes. L’ascension prend finalement fin et seuls quelques grincements de cordes occupent à présent l’espace, jusqu’à ce que la machine Maïeutiste reprenne finalement le dessus en un flot haineux. La pérégrination se poursuit tout en percussions et grattes acoustiques sur l’épique « Death to Free Thinkers », bénéficiant d’une clôture rock’n’rollesque jouissive.

Le troisième volet de cet LP est beaucoup moins noir que les deux précédents, achevant son envolée sur un tempo coloré de Blues. En guise de conclusion, les Français mettront fin à la vie du philosophe grec par un « Death to Socrates » de plus de dix minutes, évoquant agréablement un Gorgoroth de l’époque « Under the Sign of Hell », en moins raw mais plus recherché.

Cinq années ont été nécessaires à la conception de cet opus. Et ça se sent : chaque piste a été élaborée, malaxée et truffée de subtilités. Jusqu’à peut-être en faire… sa faiblesse. Au dam des uns et au bonheur des autres, ces compositions sont à réserver à un public familier du genre, apte à prendre le temps et la quiétude nécessaires afin de profiter pleinement de cette heure et quart de Black Metal, aux influences multiples et variées. Macérant au sein d’un climat qui oscille entre haine et noirceur terriennes, ce disque tend néanmoins vers une élévation spirituelle et divine, même si à en bout de course, elle s’avère aussi utopique qu’inaccessible. Un ovni pour quiconque écouterait cet album d’une oreille distraite ; mais de la matière à penser et à voyager pour toute autre personne qui pénétrera patiemment au coeur de cet espace construit, pierre par pierre, par Maïeutiste.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Maïteutiste
  • Genre: Metal/Prog/Noise
  • Label Prod: Les Acteurs de l’Ombre
  • Date: 2015-09-19
  • Rating: 3
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