Son patronyme et inspiré du titre d’une pièce de Shakespeare. Pas étonnant, car cette formation yankee ne fait ni dans la demi-mesure ou la discrétion ; mais plutôt dans la passion, l’emphase et la démesure… Et ce n’est pas « The Most Lamentable Tragedy », son nouvel opus (NDR : c’est son quatrième, et il propose 29 morceaux et 93 minutes !) qui changera la donne ! Drivé par le pas très net Patrick Stickels, elle a choisi un titre de disque tout aussi dérangé pour cet opéra rock qui traite de la dépression, un mal dont le musicien souffrirait lui-même… Ambitieux, ce projet reflète, tel un miroir musical, sa maladie à travers ses bas (« The Fall ») et ses hauts (« Look Alive ») dans ce style si caractéristique plus ou moins proche des premières œuvres lyriques de Bright Eyes (« Lonely Boy ») ; ou alors manifestant une fougue punk inextinguible (« No Future Part IV : No Future Triumphant ») voire un esprit pub-rock celtique (« More Perfect Union »).
L’elpee est partagé en 5 actes au cours desquels le ‘héros’ se bat contre cette déprime tout en cherchant à conquérir une femme répondant au nom de ‘Siobhan’. Une évidence : cet opéra punk semi-christique est emporté par la fougue de Titus Andronicus ! Alors, si un elpee d’une telle longueur trahit quelques moments plus creux (« Funny Feeling »), il réussit surtout à passionner le plus souvent (« Fired Up », « Fatal Flow ») ou à surprendre ; et notamment lors des reprises étonnantes de Daniel Johnston (« I Lost My Mind ») ainsi que des Pogues (« A Pair of Brown Eyes »), quand il ne bénéficie par des arrangements de cordes d’Owen Pallett. Titus Andronicus a concocté une œuvre unique, bordélique, dense, superbe et ‘borderline’ ! Un groupe décidément hors du commun… très loin des standards radiophoniques ou des tubes éphémères.
Plus d’une bonne raison pour aller découvrir cette formation le 19 novembre prochain, à Opwijk, dans le cadre du festival ‘Autumn Falls’…

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