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Ora Cogan

We can do anything

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Fondé en 1980, Violent Femmes est responsable de deux albums culte. Tout d’abord un éponyme publié en 1982 et « Hallowed ground », deux ans plus tard. Dépouillée et essentiellement acoustique, sa musique campe alors un mélange entre post punk, rock, folk et country. Quant aux textes, tant humoristiques que sarcastiques, ils traitent aussi bien de la frustration sexuelle, de la Bible que de la souffrance, tout en restant résolument ancrés dans la culture sudiste. 

Après avoir gravé ces deux opus incontournables, Violent Femmes va connaître un parcours plus chaotique, malgré la sortie de l’excellent « Why do birds sings », en 1991 ; et finalement, il va se séparer suite à une mésentente entre Gano et Brian Ritchie, pour des questions de droits d’auteur. Mais c’est souvent le cas, faute de ressources, il se reforme en 2009, Victor De Lorenzo ne revenant que quelques mois, avant de céder le relais au drummer de Dresden Dolls, Brian Viglione, reparti depuis.

Mais venons-en à ce nouvel opus, « We can do anything », qui sort 16 ans après « Freak Magnet » (NDR : les long playings parus entre-temps, ne sont que des compiles). La plupart des morceaux qui figurent sur cet LP dormaient sur des cassettes non explorées. Ils ont été récupérés, avant d’être retravaillés, en studio, entre Nashville et Brooklyn, sous la houlette d’un vieux pote, Jeff Hamilton. Lors des sessions, le trio a également reçu le concours de Horns Of Dilemma aux cuivres (NDR : sur certains titres) ainsi que de Kevin Hearn (Barenaked Ladies) qui se consacre à l’accordéon, au banjo, au cajón, à la guitare et aux claviers.

La voix déglinguée, nasillarde, si caractéristique de Gano, est intacte. Encore que sur « Issues », sinusoïdale elle me fait plutôt penser à celle de Tim Booth (James). La ligne de basse toujours aussi caoutchouteuse. Et les accords de gratte ont conservé ce feeling grinçant. Mais l’ensemble est quand même fort décousu. Des point forts ? L’excellent « Memory », qui rappelle (?!?!)… Violent Femmes. La polka « I could be anything », digne des Pogues. On croirait même qu’elle a été immortalisée dans un pub. « What you really mean », une jolie chanson signée par la sœur de Gano. Parfois le spectre de Gun Club (« Holy ghost ») voire de 16 Horsepower (« Travelling solves everything ») se met subrepticement plane. C’est sans doute encore dû à ce fameux syndrome du Sud maudit.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Violent Femmes
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Add it up / PiaS
  • Date: 2016-03-04
  • Rating: 3
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