Difficile de bien cerner la musique de Feu Robertson. Fondée en 2010, cette formation est responsable d’une forme de folk lo-fi déstructurée par des accents psychédéliques (« Burning Hell ») voire noisy, mais également post-rock ; bref, qui évolue bien loin des sentiers battus. « Sticky situations with troubles » constitue le second opus de ce band français. Original et conceptuel, il mérite une attention particulière.
Ouvrant la plaque, « Young Wooly Rhinoceros » évoque le suicide de Wooly tout au long d’une piste qui monte longuement en crescendo avant de se conclure par une chorale d’enfants. Les huit morceaux suivants relatent les avatars du personnage, tout en expliquant son inexorable descente aux enfers. Morose, la musique de Feu Robertson baigne au sein d’un climat mélancolique. Les titres parlent d’eux-mêmes (« Black Blue », « Sunrise Burning »,…) ; et l’artwork n’est pas en reste. Fragile, la voix de Ganashine (NDR : c’est le leader et le songwriter) véhicule parfaitement ces émotions. L’instrumentation est variée (suivant les titres, elle invite accordéon, saxophone, flûte traversière, piano,…) et soutient parfaitement ce chant. Un bémol ? La longueur du long playing : il dure plus d’une heure. Bien sûr, les idées foisonnent, mais au fil du sillon, le mélomane finit par s’essouffler. N’empêche, le deuxième essai de Feu Robertson est parfaitement réussi. Et en somme, c’est une bonne surprise…

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