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I Saw Her From Here, I Saw Here From Her

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Pour son retour aux affaires, le Suédois Christian Kjellvander arrache son folk chatoyant des neiges et délivre dix compositions pour chanter dans les bois entre deux Kinder Country. Sur ce quatrième album, Kjellvander réaffirme son attrait pour la tristesse et la compassion et couche ses états d’âme sur d’impressionnants arrangements. Car, il faut lui laisser, la mise en son est de toute beauté. Guitare steel, piano, banjo, orgues, trompettes, mandoline et autre mellotron entrent dans la cabane de Kjellvander pour orchestrer ses idées noires, mais jamais dénudées d’espoir. Clairement, on n’est pas ici pour s’amuser. Mais bien pour suivre les sombres aventures de personnages fantasmés dans la tête d’un Suédois obnubilé par l’americana. Souvent comparé à Leonard Cohen pour son chant affecté, Christian Kjellvander n’épouse, pourtant, guère tant de sincérité. Pour remettre les choses à leur place, on affirmerait plutôt qu’il barytone tel un James Hetfield en plein trip mélo. Voilà, le problème est là : on a l’impression de vivre un remake forestier du « Mama Said » (sur l’album « Load ») de Metallica, sous les pins, un harmonica et un banjo à la main. Et, au bout du compte, « I Saw Her From Here, I Saw Here From Her » s’écoute comme une longue déambulation éplorée où Christian Kjellvander tient absolument à nous faire chialer. A choisir un songwriter venu du froid, on lui préférera Mattias Hellberg. En attendant des nouvelles de celui-là, on restera bien au chaud.

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