Initialement publié en janvier 2007, « Music For Tourists », le premier recueil de Chris Garneau, débarque tardivement dans les bacs européens. Et mauvaise surprise pour le continent, non seulement l’attente a été interminable, mais la nouvelle mouture du disque ne compte désormais plus que onze titres, contre quatorze pour l’original. Le jeune homme au physique à la Sufjan Stevensien déverse donc un peu plus brièvement la douce mélancolie des litanies dépouillées et introspectives de son œuvre d'admission. Hormis quelques interventions assez modérées d’une batterie et d’une section de cuivres, Garneau n’a pour compagnons qu’un piano et un violoncelle dont les complaintes traversent l’échine et donnent la larme à l’œil. La tristesse des compositions, flirtant avec un léger maniérisme et des vocalises souvent androgynes, est toutefois si pesante qu’au terme du recueil, on ne peut s’empêcher de se demander s’il est arrivé au jeune artiste de connaître l’un ou l’autre instant de bonheur dans sa vie.
Originaire de Brooklyn, Chris Garneau n’hésite pas à s’incruster discrètement sur le terrain de jeu de Cat Power ou encore plus finement sur celui d’Elliott Smith, dont il reprend le titre « Between The Bars », en guise de ‘hidden track’. Bien que l’on ressente l’étrange besoin de se tirer une balle dans la tête après avoir passé trois quarts d’heure en compagnie de Garneau, on ne peut que saluer la beauté de l’écriture et la profondeur des mélodies dispensées sur « Music For Tourists ». A écouter entre le Prozac et le whisky.

Nederlands
Français 
