Cali est une star. Intitulé « L’Amour Parfait » (et ça n’existe pas), son premier album s’est vendu à plus d’un demi million d’exemplaires chez nos voisins français. Et le type n’a pas arrêté entre-temps de donner des concerts, déversant ses tripes chaque soir comme si sa vie en dépendait. Devant lui, les jeunes (et moins jeunes) filles se pâment en buvant ses paroles, pourtant plutôt caustiques. Elles évoquent l’amour qui part en couilles, et ces hommes qui n’en ont pas vraiment, c’est-à-dire la plupart. La retenue, ce n’est pas son truc, même s’il a piqué pas mal à Brel. « Je sais », triste comptine sur l’être absent, donne ainsi la réplique à la chanson du maître belge, « Voir un ami pleurer », et de fait on verserait bien une larme. Pour le reste, Cali n’a toujours pas repeint sa chambre en rose bonbon, même si son cœur est pris, et qu’au final il n’a pas l’air si terrassé par l’amertume. Autrement dit on barbote toujours en plein désespoir matrimonial, ‘post-coïtal animal triste’, et vas-y que je tombe du balcon en pleine sérénade shakespearienne. Si les textes à l’anglo-saxonne (Brautigan, Fante, Salinger,…) se révèlent ici parfois moins inspirés (le pénible « Roberta »), l’écrin musical, lui, bénéficie des largesses de la maison de disques… Qui mise beaucoup sur Bruno Caliciuri, le phénomène, 500.000 disques, pour rappel. D’où les guitares de M, le duo avec le zombie Daniel Darc, et surtout la présence de Steve Wickham, violoniste chez les Waterboys, le groupe préféré du chanteur. La vie est belle pour Cali, dont beaucoup de gens se soucient malgré le single (« Qui se soucie de moi »), parce que c’est évident : ce type est sympathique. Et peu importe s’il joue de plus en plus au Calimero de la cause masculine : du moment qu’il n’aille pas chez Drucker, l’honneur lui sera sauf.

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