Après avoir commis cet opus, Modest Mouse devrait enfin rencontrer le succès, du moins celui d’estime. Jusqu’ici, Isaac Brock et ses sbires n’étaient jamais vraiment parvenus à se faire remarquer. Le changement ? Il y a un tube, déjà (« Float On »). Et puis tout le reste : « Bury Me With It » et son rock branque à la Père Ubu, l’exercice country « Bukowski », le bucolique « The Good Times Are Killing Me », auquel Flaming Lips ont participé,… Modest Mouse pourrait bien remplacer Pavement dans le cœur de tous les fans déçus d’indie : grâce à ses mélodies déroutantes, ses chansons en colimaçon, cette folie douce irriguant chaque note de cet album au poil, Modest Mouse a de quoi, pour une fois, se vanter. La modestie ici est un vilain défaut : quand on pond pareil disque, y a de quoi être fier, et le crier fort à qui veut l’entendre. Pour la circonstance, on devrait être nombreux à répondre à l’appel.