Qui a eu tort ? La plupart d’entre nous, qui pensions que les Liars allaient sauver la face du punk funk revival avec leur premier album sorti il y a deux ans, un mix décadent de guitares incendiaires, de basses addictives et de groove mutant. Parce que les Liars sont (déjà) de retour, et ça n’a plus rien à voir : finies les mélodies, les refrains, les poses de rock stars,… « They Were Wrong, So We Drowned » est taillé dans le bruit le plus tribal, sur les ruines indus d’un rock exposé aux pires radiations, comme Sonic Youth en son temps. Pour faire ce disque, Angus Andrew et Aaron Hemphill se sont enfermés dans une baraque au fond des bois. Ce qui explique la présence de fantômes qu’on entend aux détours de chaque titre. « Fly, fly, the devil in your eye, shoot shoot ! », chante Andrew sur « We Fence Other Gardens With The Bones of Our Own » (sic) : peut-être qu’il a vu un truc bizarre en pleine nuit, et qu’il exhorte son pote à sortir son flingue. On n’est jamais trop prudent ! Ou peut-être que c’est dans l’œil de son pote qu’il a vu le diable, et qu’il panique comme en plein « Evil Dead ». Ce disque pourrait d’ailleurs servir de bande-son parfaite au « Blair Witch Project », d’autant qu’il parle beaucoup de sorcières, même si on n’y comprend que pouic. Ca fout les boules, cet amas de dissonances et de batterie martelante, de bleeps crissants et de riffs à la (massacre à la) tronçonneuse. Les Liars se sont perdus en pleine nature, et doivent combattre les démons qui n’ont qu’une seule envie : défoncer leur porte. Et leur crâne. Et le nôtre. Au loin, des tam-tam : peut-être des cannibales. Il fait noir. Qui est là ? C’est quoi, ces cris ! ? Pourquoi tu te promènes avec cette perceuse ? ! ? Mais, qui… Aaaaahh ! ! ! ! (Long silence, il fait jour, les oiseaux chantent, des traces de sang sur les murs, un disque traîne par terre, entre deux corps… Seule pièce à conviction de ce carnage affreux. « Mais que s’est-il passé ? », se demande l’enquêteur en insérant le CD dans son autoradio… To be continued).