Sur la pochette de cet album live, Dionysos pose au beau milieu d’un cimetière hanté par des petits fantômes qui chantent, une momie à lunettes qui fume une clope et trois femmes aux regards électriques. Le dessin est signé Joann Sfar, l’un des plus talentueux auteurs de BD de ces dernières années (« Le Chat du Rabbin, « Petit Vampire »,…), dont l’univers magique sied bien à la musique du quintette français. Une musique délicieuse et dadaïste qui tire de l’enfance toute sa sève créatrice, son enthousiasme décalé mais sincère, son allant magnifique et charmant. Comme sur la pochette, la pop-rock enjouée de Dionysos semble munie de roulettes pour avancer plus vite et surmonter tous les obstacles avec la grâce d’un skateur en plein voltige. On connaît d’ailleurs les talents de cascadeur de Mathias, adepte fougueux des crowd surfing et des sauts sans élastique… « Y saute bien ! », dit d’ailleurs un monstre à chapeau à son copain batracien sur la photo d’un des concerts (furieux) du groupe : « Trop bien ! », qu’il lui répond, admiratif. C’est vrai que Dionysos, en live, est une incroyable machine à sauter et à danser : la preuve par ce disque, duquel on ressort en sueur, comme pour de vrai. Quel plaisir d’entendre « Frog », « Anorak » ou « Coccinelle » joués à vitesse V-V’, dans une ambiance de feu qui vaut bien le plus déjanté des sabbats de sorcières ! Où l’on remarque aussi que les chansons de Dionysos puisent dans le blues d’Amérique (la reprise d’« I Put a Spell on You »), ce produit du terroir qui pactise souvent avec le diable… Ce qui explique la présence de tous ces vampires sur la pochette : ils sont les plus grands fans de Dionysos (d’où l’autre reprise, celle de « Thank You Satan », de Léo Ferré). Attention qu’en écoutant ce disque, vous aussi ne soyez pas victimes d’un sortilège diabolique… Parce qu’une fois dans le lecteur, ce CD vous hypnotise et vous met vite en transe. Vous voilà prévenus ! Et surtout, faites bien gaffe aux vampires : petits ou grands, quand ils pogotent ça fait un massacre.