Après le trip métallique plutôt gras du bide (« Skull & Bones », 2000) et le bide tout court (« Stoned Raiders », 2001), on n’attendait plus grand chose de Cypress Hill… « Another Body Drops », le titre d’ouverture de ce sixième album, nous rassure : hargneux, détonnant, on retrouve enfin le Cypress Hill qu’on aime, en grande forme malgré l’abus toujours conséquent de substances illicites. Du rap pour les rockers ? Plus tellement : sur cet album Cypress Hill varie pour une fois les plaisirs, au lieu de nous resservir l’habituel mixture « rap plombé de riffs heavy », devenue leur marque de fabrique mais aussi, à la longue, leur fardeau. Rap, reggae (« What’s Your Number », le single, pompé sur « Guns of Brixton » des Clash), dancehall (« Ganja Bus », avec Damian Marley, le fils de), latino (« Latin Thugs »), (bad) trip-hop (« Never Know »), r’n’b (« Till Death… »), dub (« Busted in the Hood »),… « Till Death Do Us Part » pourrait bien être le disque le plus éclectique de la bande à Muggs et B-Real. Evidemment, parce que Cypress Hill reste Cypress Hill, c’est aussi reparti pour un tour d’esthétique morbide (les squelettes), d’interludes hommages à la fumette (la pipe à eau de « Bong Hit ») et de tics métal encore insistants… Mais petit à petit, ces clichés tendent à disparaître, et Cypress Hill de rêver au come-back fracassant, comme il y a dix ans, quand il était un des groupes majeurs de la scène hip hop internationale. « Till Death Do Us Part » sonne en tout cas comme le meilleur album de Cypress Hill depuis… « IV » (1998). Prochaine étape : remplacer les pétards par le bâton de réglisse ?