Hawksley Workman prendrait-il exemple sur Ryan Adams ? Non content de jouer aux artistes prolifiques en publiant son nouvel ouvrage seulement cinq mois après la sortie du précédent (« Between The Beautifuls », réservé au marché canadien et contenant quelques titres de ce nouvel opus), le singer-songwriter prend un nouveau virage en dépoussiérant ses grosses guitares. « Los Manlicious », ce sixième recueil, est à Hawksley Workman ce que « Rock’n’Roll » est à Ryan Adams. C’est-à-dire un faux-pas majeur, à la limite du pitoyable.
Finie la fraîcheur pop des « For Him And The Girls », « The Delicious Wolves » et « Lover/Fighter » ou la douceur de « Treeful Of Starling ». Workman veut désormais s’envoyer des gallons de bière au fond du gosier, sentir la sueur et casser la gueule aux mauviettes qui oseraient se mettre sur son chemin. Le Canadien tape du poing et entreprend sa métamorphose sur « When You Gonna Flower ? », premier morceau dispensable d’un ouvrage qui s’enfoncera progressivement le nez dans le derrière. Enchaînant les riffs attendus, Hawksley Workman dévoile un aspect de sa personnalité qu’il aurait bien mieux fait de garder pour lui. Hormis « Piano Blink », seul morceau plus ou moins potable, l’ensemble est souvent casse-bonbons et semble peu réfléchi. Comparé au reste de la discographie du bonhomme, « Los Manlicious » est une énorme déception.

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