Après avoir sorti un « best of » l’an passé, l’hyperactive Natacha Atlas revient avec une nouvelle plaque enregistrée sous la houlette de Count Dubulah, vieux complice de l’époque du Transglobal Underground. Il prend en charge une bonne partie de la musique contenue dans ce « Mish Maoul ». Comme d’habitude chez Natacha Atlas, la rencontre entre les Continents est la règle : des éléments nord-africains se mélangent à l’Orient, le tout passé par le filtre de l’électronique. La première bonne décision de l’album est d’avoir centré son propos sur ce qu’elle fait de mieux. Pas de reprises vaseuses ici (du style « Mon amie la rose » ou « I Put A Spell On You »), ni de grandes tentatives grand public, si on excepte les très radiophoniques mais respectables « Feen » ou « Bathaddak » qui font le grand écart (sans claquage) entre ragga, r’n’b, cordes égyptiennes et percus marocaines. Parmi les franches réussites du disque, on signalera l’excellent « Hayati Inta » mélopée hypnotique glissant sur un tapis de percus, des instruments à souffle stridulants, une contrebasse et un chouette solo de guitare digne de Brian Jones dans sa période psychédélique. Dans un autre genre, la bossa arabisante de « Ghanwa Bossanova », avec ses sons de synthés d’orchestre cocktail des années 70, recèle une atmosphère totalement désuète mais charmante. « Bab El Janna » profite des sons luxuriants de l’Orchestre du Golden Sounds Studio du Caire. Bref, si on excepte un « La Lil Khowf » qui lorgne plus du côté de la variété, ce « Mish Maoul » constitue un parcours quasi sans faute qui devrait réconcilier les fans de la première heure.
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