Après avoir commis “Alone with everybody” en 2000 et “Human conditions” en 2002, Richard Aschcroft nous propose son troisième album solo. Richard y aborde encore et toujours des thèmes qui l’obsèdent : l’amour, le bonheur, la dépression, la religion et la mort. Faut dire qu’il éprouve toujours le même désenchantement vis-à-vis du monde contemporain. Un sentiment qu’il a transformé en mélancolie douce et qui sied parfaitement à son timbre vocal remarquable. Tout au long de « Keys to the world », cette voix est d’ailleurs irréprochable, empreinte d’une grande sensibilité et évoque de plus en plus souvent celle d’un célèbre crooner : Neil Diamond. Passons maintenant à l’aspect musical. Soyons honnêtes, découpé en 10 fragments, cet opus m’a laissé mi-figue mi-raisin. En fait on peut diviser ce disque en deux parties distinctes. Quatre des cinq premières chansons sont absolument superbes. Depuis la big music de « Why not nothing ? » (Mike Scott ?) à l’envoûtant « Keys to the world » et ses chœurs féminins soul, en passant par le très ‘phillysoundesque’ « Music is power » et son sample de Curtis Mayfield (NDR : qu’il co-crédite d’ailleurs), plage interprétée dans l’esprit d’un Todd Rundgren, en passant par le single mid tempo « Break the night with colour », magnifique ballade conduite par un clavecin. Le reste ne manque pourtant pas de raffinement ni de sophistication. A cause des somptueux arrangements orchestraux dont il est coutumier, bien sûr. Mais l’accumulation de ballades concentrées en deuxième partie d’elpee, finit par lasser. A cet instant, davantage de dépouillement aurait sans doute permis de donner une autre dimension à des morceaux trop mielleux pour mériter une quelconque référence à Dylan, auquel l’artiste semble pourtant vouloir rendre hommage…
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