Avant de jouir d’une distribution digne de ce nom, Art Brut en a chié. Beaucoup. Trop. Finalement, le petit label Fierce Panda leur a laissé une chance. Notre chance en quelque sorte. L’année dernière, nous découvrions donc « Bang Bang Rock & Roll », premier album miracle de ces sympathiques Londoniens. Nous vous en disions tant de bien (voir l’élogieuse chronique de G.E.). Aujourd’hui, Art Brut est signé sur une Major. La terre tourne à l’envers : dans le sens des musiciens, à contresens des desiderata de l’industrie musicale.
Comment explique-t-on qu’en 2005, Art Brut se soit fait balancer de toutes les maisons de disques ? Qu’en 2006, ces mêmes maisons de disques viennent leur déposer une valisette de diamants pour les héberger ? Plusieurs raisons sont avancées : un sens aiguisé de l’observation, un super patronyme, des refrains idiots à gueuler comme des sots et un accent britannique caractéristique. A faire tomber les irréductibles fans de Blur et Pulp. Au chant, la verve d’Eddie Argos fait des ravages : « Formed a Band », « Bang Bang Rock & Roll », « My Little Brother », « Bad Week-end ». Il y a plus d’un an que la mayonnaise n’est pas prête de tourner ! En cause, une distribution internationale appropriée et un disque bonus du plus bel effet. De nouvelles chansons sans ambitions viennent ainsi donner une bonne leçon aux productions prétentieuses de bon nombre de leurs contemporains. Et toujours de chouettes histoires : celle d’un gars qui se fait frapper à l’école (un fan de rock ? Un fan d’Art brut en 2005 ?) sur « These Animal Menswear » ou, encore, celle d’un type gratouillant dans sa chambre en se prenant pour une star (Art Brut en 2005 ?) sur « Maternity Ward ». Sans oublier les versions live des grands moments du disque (« Rusted Guns of Milan », « Modern Art »). Bref, vous l’aurez compris : Art Brut, c’est fort !

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