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The Cure
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Sunday At Devil Dirt

Écrit par - Simon Verwacht -

Deuxième volet de la collaboration entre Isobel Campbell (Belle & Sebastien) et Mark Lanegan (Screaming Trees), ce disque fait suite au déjà culte « Ballad of the Broken Seas ». Il s’agit d’une collection de ballades vénéneuses, suant tant l’amour que la mort. Intenses et raffinées, ces morceaux convainquent toutefois sensiblement moins que ceux du précédent elpee.

Les chansons, portées par deux voix toujours magnifiques, possèdent à la fois l’élégance des collaborations entre Lee Hazelwood et Nancy Sinatra et la fièvre jouissive des brûlots du grand Tom Waits. Mais là où ce dernier se déchaîne, tousse et crache ses mots comme si sa vie en dépendait, embrase ses compositions de sons poisseux, d’arrangements délirants, ici, tant la production que l’interprétation paraissent trop polies. Il manque souvent l’accroche, l’accident qui fait adopter définitivement une chanson.

Hormis cette remarque, quelques perles définitives jalonnent cet album. La première piste, « Seafaring Song » prend aux tripes, complainte crépusculaire, noire comme le charbon. Une petite merveille qui convoque l’esprit de Johnny Cash et rappelle un David Pajo au mieux de sa forme. « Black Burner » et ses chœurs d’âmes tourmentées fait également mouche tandis que « The Flame That Burns » apporte un groove bienvenu pour relancer le disque à mi- parcours. Mais la véritable pépite de ce disque ne se dévoile qu’au terme du voyage : « Trouble ». Elle laisse filtrer le soleil et prend tant la gorge que les tripes. Cette chanson mérite à elle seule l’achat de l’album : la voix fluette d’Isobel Campbell, par ailleurs auteur de l’intégralité des chansons, d’une fragilité déconcertante, s’accorde ici plus que jamais à celle, rocailleuse et ample, de Mark Lanegan. 

 

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