La première fois qu’on a entendu les Blood Brothers, c’était il y a quatre ans lors de la sortie de l’album « Burn, Piano Island, Burn », une méchante claque math-hardcore tourneboulant nos certitudes musicales et rythmiques, aux effets plus sournois qu’une intraveineuse de kétamine. S’enfiler ce disque d’une traite, c’était s’exposer à de sérieux black-out épileptiques. Cinq types de Seattle déchaînés sur leurs guitares et leurs fûts, soufflant le chaud (piano, cuivres, percus) et le froid (synthés, voix) en pleine déroute politique (Bush, l’Amérique – grosse colique cathartique). Sur ce nouvel album (leur quatrième), les Blood Brothers creusent toujours le même trou : Amérique et fosse septique, autre rime, ‘same bullshit’. Sauf qu’ici le chant se fait parfois plus triste, voire moins crispant. Sur la moitié des titres, les Blood Brothers tentent ainsi de renverser la vapeur, même si personne n’est jamais à l’abri d’une sale brûlure : sous le pansement la plaie suppure, mais cette fois sans risque d’amputation. On peut presque danser sur ce disque (du cabaret-disco-punk ?), à moins d’avoir peur de se fouler la cheville : aïe, ça fait mal, mais comprendre la douleur c’est déjà la tuer. ‘Everybody needs a little devastation’ : tu l’as dit bouffi, alors qu’est-ce que t’attends pour faire péter la sauce ?!?

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