Etendu sur le sable de Californie, les pieds en éventail, Chris Cohen observe le ciel, songeant à The Curtains, son projet personnel. Rêveur, il se souvient de ses beaux jours en compagnie des autres musiciens de Deerhoof. Il s’interroge, se demande si, oui ou non, le choix de quitter sa formation après la publication de l’excellent « The Runners Four » était judicieux. Probablement pas... Pour concevoir « Calamity », quatrième album de The Curtains, Chris Cohen a préféré s’isoler, quitter définitivement Deerhoof et se recentrer sur ses tentations musicales les plus fortes. La pop fleur bleue, le jazz, le rock classique, le punk et le rock garage se mélangent ainsi dans le cerveau de cet artiste obnubilé par les harmonies défendues par un Brian Wilson légèrement fendu.
Treize compositions, une trentaine de minutes et une solide sensation de longueur plus tard, on peine à comprendre le but ultime de cette entreprise. Comment expliquer cette volonté contemporaine de réunir les Who et Miles Davis sur une planche de surf usée par les Beach Boys ? En équilibre instable, le timbre vocal enfantin de Cohen paraît bien vulnérable. « Calamity » glisse sur des vagues écumées depuis des années. Et de fait, c’est moins fun que prévu...

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