Rarement un groupe aura aussi bien porté son nom: Earth, c’est la terre dans sa matérialité la plus boueuse, la plus lourde. Depuis sa formation, opérée au début des années nonante, le groupe ne cesse de réaliser de longs travelings au ras du sol : la gravité érigée en expérience musicale, esthétique. Une expérience lente et suffocante, parfois éprouvante, représentative de ce sous-genre du metal, le Drone, dont Earth est un des plus importants représentants aux côtés des terrifiants Sunn O))).
A l’écoute de ce nouvel opus, il apparaît cependant que la référence au métal n’est plus si évidente. Earth a en effet eu la bonne idée de varier son propos, en conviant notamment le légendaire guitariste de jazz, Bill Frisell. Celui- ci apporte une touche de légèreté en contrepoint aux arpèges apocalyptiques de Dylan Carson et à la rythmique imperturbable d’Adrienne Davies. Instrumentale, toujours hypnotique et extrêmement lancinante, la musique de Earth prend ainsi, sur certaines plages, une tournure jazzy bienvenue, renforcée par le jeu d’orgue subtil de Steve Moore.
Le groupe a le mérite de fouler des contrées inexplorées, quelque part entre post- rock, heavy metal (voir la pochette, kitsch à souhait) et jazz rock progressif des années septante.
Si l’expérience s’avère étourdissante pour qui prendra la peine de s’y abandonner, il sera toujours difficile au néophyte de pénétrer l’univers souvent glauque, voire malsain, de Earth. Et pour que votre info soit complète, on vous rappelle que la formation se produira au festival de Dour ce 20 juillet.

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