Fin 2007, Flying Lotus nous gratifiait de « Reset », un EP dubstep irrésistible qui a réussi à se faufiler dans les hautes sphères de quelques classements de fin d’année. Bien heureux de nous avoir efficacement mis l’eau à la bouche, le Californien déballe « Los Angeles », un deuxième ouvrage incontestablement supérieur à son prédécesseur, « 1983 », paru en 2006.
Flying Lotus, qui nous avait lâchement largués au milieu de la route, est donc finalement revenu sur ses pas, comme on l’espérait il y a quelques mois (cfr. review « Reset EP »). La portière s’ouvre sur des « Brainfeeder », « Breathe. Something/Stellar Star » et, surtout, « Beginners Falafel » annonçant un road trip des plus planants. La route va être longue et exquise. On le ressent déjà. A travers la vitrine, le panorama semble se métamorphoser. L’interminable rangée d’arbres se met à secouer ses branches. Les troncs ondulent lascivement au son des « Camel » et autres « Melt! ». Avant même de pouvoir prendre exemple sur ces derniers, le véhicule quitte le sol pour poursuivre sa route aux abords de la stratosphère sous les beats monstrueux de « Comet Course » et « Orbit 405 ».
A moins qu’il ne s’agisse uniquement du fruit de notre subconscient, intoxiqué par les dangereusement hallucinatoires « Riot », « RobertaFlack », « Testament » ou l’intense « Auntie’s Lock/Infintum », titre marquant la fin de la virée. On s’extirpe alors du véhicule, complètement déphasés et suants à grosses gouttes. Flying Lotus s’est encore une fois joué de notre état mental. En nous refourguant sa meilleure marchandise jusqu’à présent, le DJ vient de s’assurer une clientèle fidèle qui en redemandera encore et encore, jusqu’à l’arrêt complet de toute activité cérébrale.

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