C’était quasiment impossible et pour tant c’est arrivé ! Car pour réunir au sein d’un même studio Wes Borland (Limp Biskit), Josh Freese (Devo, A Perfect Circle…), Danny Lohner (Nine Inch Nails) et Josh Eustis (Telefon Tel Aviv) il fallait avoir un sacré sens de l’organisation ou être titulaire d’un doctorat en coordination des agendas. Black Light Burns, vous l’aurez compris, est à la fois un all-stars band et le projet solo de Borland, qui signe également la toile utilisée pour l’artwork de la pochette. Sous un tel line up, ce « Cruel Melody » ne risquait pas de sonner comme du Tokio Hotel, mais bien comme du metal indus made in USA. Grâce au son énorme signé Ross Robinson, Black Light Burns peut rivaliser sans aucune crainte avec des combos tels que Filter ou même Queens of the Stone Age. Et pour cause, les quatre complices sont parvenus à insuffler quelques bouffées de stoner rock à leur musique industrielle.
Malgré un petit côté pop que l’on décèle au gré de ces treize plages superbement arrangées, on se régale du début à la fin. Si le chant évoque le timbre de Trent Reznor, dès les premières mesures du phénoménal « Mesopotamia », la comparaison avec « Nine inch Nails » se justifie davantage sur la deuxième partie de l’album. Plus nuancés et légèrement torturés, « One of Yours » ou « New hunger » n’aurait pas fait tâche sur une œuvre comme « The Fragile ». Mais une grande majorité des morceaux sont déjà des singles en puissance.
Bien rock, bien électro et surtout très metal, Black Light Burns nous lamine les tympans, nous balance des riffs incendiaires et des refrains rageurs, sans pour autant tomber dans les clichés faciles et tout en veillant à varier les atmosphères et la structure de ses titres.
Ceux qui attendaient Wes Borland au tournant, en l’imaginant dans une nouvelle aventure de pop-rap-metal calibrée pour les ados, en auront pour leurs frais ! Un coup de maître pour le moins inattendu.

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