Je me suis plongée dans l’écoute de ce disque sans trop de conviction. Tout d’abord à cause du patronyme du groupe : trop simple, trop banal. Ensuite parce que les paroles sont exprimées en français. Et cette langue peut s'avérer rédhibitoire. Cependant, après le premier morceau (l’électro-pop « Superbusiness »), je me suis laissée entraîner dans cet univers sombre imaginé par Electric. Un quintet fondé en 2001 qui réunit les membres fondateurs Isa et Sylvain (respectivement chanteur et guitariste), Thomas (guitare), Fred (basse) et Philippe (batterie). Une formation parisienne qui a pris son temps avant d'enregistrer ce premier album, distribué par Musicast en France et Bang ! en Belgique ! Malheureusement, après être tombé sous le charme de la plage d’ouverture, le soufflé est rapidement retombé. Adapté d'un poème de Marion Donnelly, le titre maître passe complètement à travers. A cause du rythme qui ne suit pas, tout d’abord. Et puis de la chanteuse qui finit par agacer à force de crier. En outre, on ne peut pas dire que les lyrics soient toujours judicieux. Ils se révèlent même parfois totalement incompréhensibles, voire obscurs ou encore absurdes (« Frigo »). Pourtant, cette voix est capable, paradoxalement, de prendre de l'ampleur lorsqu'elle est murmurée. Et « Chamane » en est la parfaite illustration. A cet instant, l’équilibre entre les instruments - et en particulier les guitares - poussés à leur paroxysme et la voix sensuelle, susurrée, d'Isa semble retrouvé. Un des meilleurs titres de l’opus. D’ailleurs, cet elpee recèle de véritables perles. A l’instar de « Paresse » (dont les paroles sont, elles, bien senties) ainsi que « Plaisir ». Cette véritable bouffée d’air frais contraste avec les passages laborieux pour ne pas dire fatigants qui grèvent le début de l’œuvre. Tout au long de ce fragment énergique, Isa chante des phrases courtes entrecoupées d'un refrain primal et efficace.
Pas toujours convaincant, « Coma », se termine beaucoup mieux qu’il n’a commencé. Le groupe manifeste pourtant beaucoup de bonne volonté et même parfois d’originalité. Mais il est vrai qu’on a parfois du mal à séparer le grain de l’ivraie, tant les différents morceaux soufflent le chaud et le froid.

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