Après s’être drogué les tympans aux sons de « Rehearsing My Choir » (2005), album conceptuel (hommage psychotique à mamy Friedberger par ses petits-enfants adorés) et hautement expérimental, Matthew et Eleanor Friedberger nous reviennent pour un quatrième disque touchant - cette fois – la réalité du bout du petit orteil. Pourtant, l’entrée en matière de Bitter Tea à de quoi repousser les derniers courageux et finir de rassembler les adeptes de la secte du rock transcendental. Culminant au sommet de cette approche déglinguée, « Black-Hearted Boy » nous gratifie d’un moment d’anthologie : une bande inversée des vocalises d’Eleanor. C’est donc barré au possible ! En grand gourou de la folie psychédélique, Matthew prêche la démence musicale et c’est tout un pan de « Bitter Tea » qui verse dans une surprenante expérimentation (« I’m In No Mood », « Teach Me Sweetheart », etc). Et puis, au grand étonnement de nos oreilles, les Fiery Furnaces renouent avec la pop. C’est le bonheur. « I’m Waiting To Know You » réactive la controverse : sont-ils réellement fous ou jouent-ils la carte de la maladie mentale ? On les pensait perdus. Et revoilà les Fiery Furnaces serpentant dans des univers chancelants, communément identifiables sur « Blueberry Boat » (2004) et « The Fiery Furnaces EP » (2005). Assez éloignés du schéma type de la chanson, tel que défini par les musicologues contemporains, les Fiery Furnaces explorent d’autres dimensions. Seuls sur leur planète, ils signent « Benton Harbor Blues », mélodie sixties désuète plantée dans un décor de jeu vidéo. Et sur ce, aucun doute : les champignons magiques de Mario Bros colorent la verte prairie de nos Fiery Furnaces !

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