Quand j’étais petit, je comparais Francis Cabrel à un cocker. Ses longs cheveux bouclés pendaient de chaque coté de son visage. La moustache broussailleuse dessinait des babines. La compassion pour son prochain se lisait pareil dans ses yeux. Comme dans ceux du canidé. A cette époque, il ‘aimait à mourir’, mais il faut croire qu’il s’en est remis. Car après plus de 25 ans de carrière, il est toujours présent pour nous conter fleurette. Alors, malade imaginaire notre bon Francis ? Malade sans doute de voir ce qui se passe autour de lui, de sentir l’injustice gagner du terrain. Lui l’idéaliste, se sent investi d’une mission. Ecrire des textes, magnifiques au demeurant, pour relater des évènements de notre quotidien. Ces choses anodines que nous tolérons à force d’habitudes. Son message pourrait être sombre et particulièrement dépressif. Il ne l’est pas seulement. L’ingénieux artiste a dans sa botte, quelques secrets de douceur et de poésie, des secrets qui ont vite fait de faire pleurer les grands-mères, et les mamans. Pas toujours de tristesse, bien plus souvent d’émotion. Tout au long de « Des Roses et des Orties », monsieur Cabrel remet le couvert du menu tendresse, en éparpillant treize pétales autour des assiettes. Nous sommes conviés le plus chaleureusement du monde à prendre place, et écouter le poète déclamer ses textes, sur une musique composée d’eau de pluie, de nuages et surtout de beaucoup de soleil réparateur. Nous aurions tendance à rechigner le plaisir d’écoute de ce dernier opus, en le cataloguant de gnangnan. Mais il fait du bien, comme ses gaufres faites maison, comme ces pots de confitures sortis de leur cachette, comme ces après-midis collés à la personne qu’on aime. Francis Cabrel c’est beau, et on ne lui en demande pas plus.

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