L’heure du troisième album des Hidden Cameras a sonné. Face à la débauche d’énergie dégagée par cette chorale lesbienne, enfermée depuis deux ans dans une chapelle désertée de tous ses Saints, un constat historique s’impose. Il sera sans doute accepté de tous. En 2003, le collectif canadien publie « The Smell of Our Own », son premier album. A l’écoute de cette pop multicolore, le cœur palpite, les corps s’élèvent. Ceux qui sont tombés sur ce disque ne s’en sont pas encore relevés. L’année suivante, une deuxième livraison (« Mississauga Goddam ») séduit les oreilles vierges du choc provoqué par le premier album. L’orchestration et les chansons des Hidden Cameras se découvrent telle une évidence. Et, dans les mémoires, la première rencontre avec l’univers du groupe demeure impérissable. Que ceux qui sont passés à côté des deux albums précédents se procurent « Awoo », nouvel album de ces gays lurons. Le coup de foudre est garanti.
Oui, chaque année, c’est comme ça : on attend un arrivage festif en provenance de Toronto, capitale de l’Ontario. Jamais déçu. Toujours convaincu. Et les treize nouvelles compos des Hidden Cameras ne dérogent pas à la règle : des cordes, des harmonies raffinées et une avalanche de mélodies entraînantes. Comment ne pas succomber ? Les hits s’accumulent : « Lollipop », « Heji » ou l’éponyme « Awoo ». Derrière le micro, la voix de Joel Gibb s’affole sur des orchestrations soignées, déjantées. Les Hidden Cameras évoquent une nuit de luxure entre Michael Stipe (R.E.M.) et Brian Wilson (The Beach Boys). Le premier pour le chant, le second pour les arrangements. Décidément, ces deux-là jouiraient d’une place de choix sous la couette de notre chorale arc-en-ciel. « Awoo » ! Approbation générale.

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