De toute évidence, Morr Music a le nez creux pour dénicher des artistes talentueux. Tout récemment, nous vous avons avoué tout le bien que nous pensions des dernières sorties du label allemand : Borko, Electric President, Seabear, etc. Duo germano-suédois, Bobby and Blumm n’échappe pas à la règle. Sous ce patronyme se cachent deux larrons, soucieux d’apporter leur eau au moulin berlinois : Ellinor Blixt aka Bobby Baby et Frank Schültge aka F.S. Blumm. Ils incarnent, pour la circonstance, le rôle de meuniers.
De nationalité allemande, Frank Schültge Blumm n’est pas un débutant. Il compte déjà une vingtaine d’albums à son actif. Huit concoctés en solo et une douzaine nés de différentes collaborations. Si on y ajoute les multiples plaques (Eps, etc.), nées d’expérimentations en tout genre, la hotte de ce dernier a de quoi peser lourd. Ellinor Blixt, est un transfuge suédois de Liepãja, un groupe aux accents plus rock. Baptisé « Everybody Loves », leur projet est apatride. Il foule à la fois les terres de l’electronica, la tourbe jazzyfiante –entretenue par la voix suave de Mademoiselle Blixt– et le terreau folk candide. Un trio d’éléments lénitifs destiné à ravir les pavillons ouverts à ce type de solution sonore.
Une rivière traverse la forêt, elle dessine treize courbes, emportant au passage feuilles, mousse et brindilles. Un parcours exaltant dessiné depuis sa source à son port. On le contemple. On s’en imprègne. Si bien qu’il finit par nous envoûter et en même temps influer sur notre humeur. Euphorique ou triste, elle est accentuée. Les sens sont exacerbés. Si vous êtes mélancolique, « Everybody Loves » ne vous rendra pas le sourire. Il amplifiera même votre mal être. En touchant les endroits sensibles, jusqu’à la limite du supportable. Avant d’entamer l’écoute de cet opus, je vous conseille d’être bien dans votre tête. Sans quoi, vous risqueriez bien d’être débordés par les émotions, et catapulté dans les méandres de la réflexion ultime. Cependant… il est parfois bon de se faire du mal.

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