A l’écoute du boulot impeccable que Danger Mouse a apporté au dernier travail des Black Keys, on était plus qu’impatient de découvrir le traitement qu’il avait réservé aux compositions de Beck. La confrontation des deux bidouilleurs nés, dont on aurait pu s’attendre du résultat qu’il soit chaotique, a donné naissance à une huitième plaque étonnamment lo-fi. Produit d’une main de maître par les deux hommes, « Modern Guilt » ajoute une corde à l’arc déjà bien complet de Beck. Entre sonorités rétros (« Profanity Prayers », évoquant un Beck circa « Mellow Gold ») et modernes (les synthés discrets sur « Youthless », les bidouillages de « Replica »), l’interprète ne se limite plus qu’à quelques rares tubes dans un océan d’inintérêt (Cfr. « The Information », « Guero »). Les choeurs de Chan Marshall, alias Cat Power, sur les titres « Ophans » et « Walls » ajoutent par ailleurs du cachet à l’ensemble.
Quant à la patte de Danger Mouse, elle est évidemment indéniable et, surtout, omniprésente (la très Gnarls Barkley « Gamma Ray »). Même s’il ne semble pas gérer la collaboration aussi efficacement que les Black Keys, Beck ne se laisse pas complètement bouffer par le producteur en imposant quelques unes des sonorités caractéristiques de sa discographie. Le tout sans réellement innover. Au final, « Modern Guilt » est un Beck en bonne et due forme, peu surprenant mais qui vaut tout de même la peine de s’y attarder.

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