Drôle d’idée de sortir en l’espace de quelques semaines un même opus sous deux formes différentes. D’autant plus que les titres écartés ne sont ni des ‘live’, ni des remixes. La version épurée recèle 13 chansons. Double, elle en contient 22 (dont un bonus track du « Pink water » interprété intégralement en anglais). Alors si vous êtes fans d’Indo, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Vous avez sans doute déjà eu l’occasion d’entendre ou d’écouter le single et le titre maître de cet opus, sur l’une ou l’autre station radiophonique (NDR : dans la négative, c’est que vous n’écoutez jamais la radio !). Une chanson qui annonce parfaitement la couleur de cette nouvelle œuvre. La dixième. Plus pêchue, électrique, rock, new wave ou même gothique. Pas pour rien que Brian Molko est venu donner de la voix sur « Pink water ». Une ballade mélancolique, dominée par l’instrumentation électronique, tellement proche de Depeche Mode. D’autres invités ont bien sûr participé aux sessions d’enregistrement ; et parmi eux des musiciens des Wampas (« Harry Poppers »), d’Aqme et d’Asyl (« Les portes du soir »). Concept album, il s’inspire de l’histoire de deux jeunes fans du groupe qui se sont donné la mort en sautant d’une falaise. Rien à voir donc avec Alice aux pays des merveilles de Lewis Carroll. Ce serait plutôt le destin tragique de deux adolescentes précipitées dans l’univers ‘sex drugs & rock’n roll’. Bref bien dans l’esprit d’Indochine. Si lors de l’album précédent, Nicola avait reçu le concours d’une pléiade de collaborateurs pour écrire les lyrics, sur « Alice & June », il signe l’essentiel des textes. Le groupe participant plus activement à la composition de la musique. Il ne faut cependant pas négliger pour autant le rôle de l’ingénieur du son Olivier de Sat, dont le travail est absolument remarquable. Les mauvaises langues vont certainement traiter la nouvelle orientation d’Indochine d’opportuniste ; tout simplement parce qu’elle a pris une couleur plus contemporaine. Davantage au goût du jour, si vous préférez. N’empêche, ce double elpee contient quelques petites perles. Le single, bien sûr, l’inévitable « Pink water », le très contrasté « Ladyboy » déchiré entre chœurs insouciants et lyrics sombres, le douloureux « Sweet dreams » (NDR : allusion à son frère défunt ?), et enfin et surtout la trilogie « Talulla »/« Morphine »/ « Starlight » qui clôt la deuxième plaque. Soit un poème de Valérie Rouzeau (NDR : elle a également écrit « Ladyboy »), une mini symphonie guidée par la voix et le piano qui bénéficie d’arrangements de cordes (surtout des violoncelles), de cors et de chœurs, et puis un final typiquement Indochine, sorte de synthèse ou de coup d’œil dans le rétroviseur, auquel Nicola est devenu coutumier.
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