‘Bert Jansch est à la guitare acoustique ce que Jimi Hendrix représentait pour la guitare électrique’. Cet éloge provient de la bouche de Neil Young, loin d’être un manchot lui-même. Jansch, personnage légendaire s’il en est, a influencé et inspiré, au cours des années, tellement de musiciens qu’il serait bien trop long et fastidieux de les énumérer ici. Ce qui nous intéresse par contre, c’est de constater que son aura illumine aujourd’hui encore le faciès poupon de nombre de nos contemporains et pas des moindres. Ainsi, Devendra Banhart, Beth Orton, David Roback (Mazzy Star) ou Otto Hauser (Vetiver, Espers) se sont bousculés au portillon pour avoir le plaisir tant convoité de figurer au dos de la pochette de leur idole. Bien leur en a pris, car le moins que l’on puisse dire, c’est que Bert Jansch n’a perdu ni la main, ni l’inspiration. Une seule écoute de « High Days », où le maître et sa guitare se retrouvent en tête à tête, suffira à convaincre les tympans les plus bouchés des environs. A tomber ! Voici donc venu le moment de saluer le boulot de Noah Georgeson (Banhart et Newsom) à la coproduction (et à la basse gironde sur l’entraînant « Texas Cowboy Blues »). Un travail d’orfèvre digne de celui de Rick Rubin pour monsieur Cash. Les musiciens sont dans la pièce avec nous. Sans blague, il suffit de tendre la main pour toucher les fesses de Beth Orton.
La demoiselle honore d’ailleurs d’une vraie présence (Devendra n’assure qu’une dispensable deuxième voix sur un titre) trois des moments les plus flamboyants de l’album. Pour le plus grand ravissement des oreilles, non pas un mais deux banjos (aah, le banjo) pointent le bout de leur nez en fin de parcours et c’est tout le chemin qui s’éclaire. Coup d’œil par dessus l’épaule, de bout en bout le voyage ne fut qu’allégresse et la guitare, faut-il le préciser, une compagne d’une rare beauté. Un plaisir de tous les sens.

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