La pochette et les photos intérieures de ce disque font craindre les pires stéréotypes… Un type musclé et tatoué, de long cheveux noirs, un regard sombre, des poses plus cliché les unes que les autres... Bref, on se dit qu’on a hérité d’une plaque du digne héritier de Julio Iglesias…
Juan Esteban Aristizabal, alias Juanes, a débuté sa carrière à la fin des années 80 dans la sombre Colombie où Pablo Escobar faisait la loi. Son groupe Ekhymosis pratiquait du heavy metal et a même connu un certain succès. Entre-temps, Juanes a émigré aux Etats-Unis et a renoué avec ses racines colombiennes. Il a signé trois albums (entièrement en espagnol) qui ont fait de lui une superstar en Colombie et parmi la communauté latino-américaine vivant aux Etats-Unis. Ce nouvel album hésite entre des ballades un peu convenues (« Para tu amor », « Qué pasa ? », « Volverte a ver ») et quelques morceaux un peu plus intéressants où notre homme élargit sa palette musicale. Ouvrant l’album, le sautillant « Amame » donne le ton à « Mi Sangre » : une production efficace qui favorise les guitares et les orgues sans oublier les rythmiques (les batteries sonnent vraiment très bien). Focalisé sur une guitare sèche, « La camisa negra » est un mélange réussi entre des contretemps quasi reggae et des rythmiques traditionnelles. « No siento penas » trahit les influences Beatles de Juanes, tandis que « Damelo » est une incursion dans le funk rock tel que le pratique Lenny Kravitz. « Lo que me gusta a mi » et « Rosaria Tijeras » puisent quant à eux dans les rythmiques colombiennes et cubaines. A la fin, ce curieux assemblage qui oscille entre recherche musicale (plutôt réussie d’ailleurs) et ballades très FM laisse donc perplexe. On vous laissera donc le soin de juger, mais la production musicale de notre homme vaut en tout cas mieux que l’attirail visuel qui le présente.

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