Il y a quelques années, MTV avait programmé une émission absolument débile. Rien d’exceptionnel pour cette chaîne me direz vous, vu le niveau parfois ahurissant qu’elle déverse tout le long de la journée. La production dont je vous parle avait la particularité de mettre en vitrine des groupes de jeunes hédonistes. Mâles ou femelles, ils étaient invités à se trémousser en maillot, sur de la dance de mauvaise qualité. Les plus mauvais danseurs se faisaient éliminer au fur et à mesure, pour ne garder que la crème de la crème du déhanchement aguicheur. Comment s’appelait-elle encore, cette débilité visuelle ? Même si ce n’est plus un gamin, Morgan Page était trop jeune à l’époque pour que l’on puisse entendre ses beats dans cette émission, et voir se dandiner cette armada de clubbers de plage.
Pourtant, cet « Elevate » aurait mérité sa place sur cette tranche horaire de la chaîne. A coup sûr. Le petit Morgan à commencé à trifouiller ses machines dès l’âge de 14 ans. Remarqué par les auditeurs d’une radio universitaire de l’époque, il prend confiance en lui et se construit un petit studio d’enregistrement, afin d’y griller sa belle jeunesse et affiner (sic) ses beats. Petit à petit, le garçon produit et arrange des remixes à sa sauce. On peut relever dans son carnet d’adresse, Nelly Furtado ou Norah Jones, par exemple. C’est que le petit Morgan a le don de pousser les curseurs aux bons endroits, afin de créer un son commercial au possible. « Elevate » réussit surtout à filer une crispation, à tout réfractaire de sons léchés et minaudés. ‘Boum tchikiboum’ et ‘tchikiboum’ : ça sent carrément l’amour à la plage et les folles nuits d’Ibiza. « Elevate » est à oublier de toute urgence, sauf si vous vous souvenez du nom de l’émission incriminée. D’ailleurs si vous résolvez l’énigme, vous devrez écouter l’album en entier ; ce sera votre punition.

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