Il paraît évident qu’à la vue de la pochette et du nom du groupe, certains vont imaginer être en présence d’un nouveau combo de post rock ou de néo métal. Et ils se foutent le doigt dans l’œil ! Ludicra pratique un black métal expérimental et ne vient pas de Norvège, mais bien de Californie (NDR : de San Francisco très exactement). Il n’a pas été signé chez Nuclear Blast, mais bien sur le label de Jello Biafra (Alternative Tentacles), n’est pas influencé par Tool et Deftones mais plutôt par Satyricon et Dark Throne ; et ses membres ne se nourrissent pas de ragoût de chauves-souris mais de cheeseburgers et de nachos.
Si les combos de Death sont légion au pays de l’Oncle Sam, on ne peut pas en dire autant des groupes de black métal. C’est donc avec un certain étonnement que nous découvrons cet ovni que constitue « Fex Urbis Lex Orbis ». Pourtant, Ludicra n’en est pas à son coup d’essai. Formé en 1998, il compte déjà à son actif deux albums (trois maintenant) et un EP. Pour cette nouvelle livraison, constituée de cinq plages, chacune d’une durée de plus ou moins 9 minutes, la formation atypique utilise quelques ingrédients de pagan folk, de gothic rock et d’électro indus. En outre, elle parvient à aérer son black technique très proche de Satyricon, tant dans sa construction qu’au niveau du chant. Sans bavure, la ronde diabolique est parfaitement menée par le large spectre vocal de Laurie Sue Shanaman. Certes, ce n’est pas demain la veille qu’on parlera de Ludicra dans les Inrocks ; mais à travers ce « Fex Urbis Lex Orbis », on sait au moins qu’il existe.

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