L’histoire est loin d’être simple. L’émotion est à son comble. Mise en musique par Matthieu Chédid improvisant devant des images perturbantes, la bande originale du deuxième film de Guillaume Canet (adapté du best seller de Harlan Coben) émeut. A condition de connaître les scènes, à condition d’avoir été pris par les personnages et par leur situation. Une musique de film donc, réalisée en une journée de studio, et des sonorités qui évoquent une certaine tristesse, une angoisse qui se fige et se noue en plein estomac. M surprend par sa capacité d’ingérer ce malaise, de le traduire en musique et de le faire ressentir. A savoir que Canet vise les sentiments au-delà de toute chose, les amplifiant à travers les somptueux morceaux d’Otis Redding, Jeff Buckley, U2 ou Groove Armada. C’est toute une incitation à la nostalgie dont il fait preuve. A condition de se laisser aller, à condition de fermer les yeux et de s’échapper. Premier rôle d’interprète pour Chédid - qui réalise là son fantasme à la Neil Young visionnant Dead Man - le fils prodige nourrit la trame par des accords de base autour desquels se pose le thème musical. L’instrumentation choisie (guitare baryton, violoncelles, piano, sampling et backing vocal) pleure ce film au scénario non moins troublant, percutée cependant par des dialogues qui coupent l’atmosphère et la refroidissent. Le morceau éponyme à la durée étirée, sur lequel Chédid pose sa voix, résume parfaitement la situation, malgré un dénouement décevant, trop arrangé et par conséquent décalé par rapport au reste. En gros, une absorption d’émotions vives, une bande sonore intime et épurée, sans pour autant être unique. L’appréciation pourra se faire néanmoins à condition d’aimer le film. A condition d’être prêt.
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