Oxmo Puccino sur Blue Note : de quoi mettre l’eau à la bouche. Pour ceux qui ne sont pas coutumiers du Black Mafioso, sachez que le sieur Puccino est une des plus fines lames du rap français. Je sais, l’expression ‘rap français’ peut faire fuir. Jetez une oreille attentive à « Opéra Puccino », son premier album, et vous verrez que Fun Radio n’a rien compris à rien. Que les choses soient bien claires : nous parlons ici d’un véritable parolier, au timbre de voix servant une histoire de gangsters que ne renierait pas Guy Ritchie (celui de « Arnaques, Crimes et Botanique », la bonne période, et non pas la suivante…)
Surtout, le président du Club des Black Millionnaires, ex-fer de lance de la mythique écurie Time Bomb. Il a le don de la narration. Embarquement immédiat pour le « Lipopette Bar », un bouge douteux où se croisent différents personnages hauts en couleurs. Oxmo nous conte les mésaventures de Tito, Pile Ali, Billie, Yago, Barbie, Tookie et bien d’autres, accompagné de main de maître par les Jazzbastards, Aristochats des temps modernes. Ca sent les volutes de cigares et les vapeurs de whisky, le tripot et les magouilles. Le Lipopette Bar, c’est un peu le repère de Rattigan, en plus dangereux. Ca tire dans tous les sens, ça parie gros. Ca s’embrouille et ça trahit. Puis tout à coup, le cd s’arrête, je reviens à la réalité. Sur un coup de poker, Oxmo et les Jazzbastards ont raflé la mise. Coup de bluff ? Détrompez-vous, tout a été savamment calculé. Et ils n’ont même pas payé leurs consommations.

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