C’est la dernière bataille, l’« élan vital », le tout pour le tout. Andrea Zollo et ses sbires veulent y croire ! Une fois encore, pour le meilleur et pour le pire. Dès 2001, Pretty Girls Make Graves remue les cendres d’un revival rock en proie à ses balbutiements. Trop tôt…. Une écurie estampillée Strokes double la caravane des cinq rockeurs de Seattle. Sans trahir ses ambitions, la formation poursuit sa route, à l’ombre des sentiers battus. En résulte un premier album (« Good Health », 2002), suivi dès l’année suivante par l’entêtant « The New Romance », disque primesautier, enfermant le tubesque « This Is Our Emergency », véritable machine à danser. Mais au bout du dancefloor, le vide commercial : une fin de soirée au bar en compagnie d’irréductibles nerds mélomanes. Comment expliquer la mésaventure des Pretty Girls ? Un problème d’identité peut-être. Pas assez rock, un peu funk, légèrement punk, trop classieux et suffisamment Emo pour ne pas être expérimental. La question est réglée : les Pretty Girls Make Graves sont des métèques stylistiques, des apatrides catégoriels. Fiers de ce troublant constat, Zollo et ses zigotos se resservent deux boules glacées, aromatisées d’un arc-en-ciel de guitare. Pur frisson avant le grand plongeon ! Certains prônent la banane, d’autres la crème glacée. Les Pretty Girls sont de ceux-ci. La première écoute de leur « élan vital » laisse un goût de trop peu. On replonge alors dans la glacière. Et le léchage en devient inquiétant. Les riffs fondent sur la langue, les papilles gustatives sont en effervescence. Comme des goinfres, on léchouille les pépites pop (puisque c’est bien de cela qu’il s’agit !) servies à nos oreilles : « The Number », « Selling the Wind » et son accordéon foldingue, la montée jazzy de « Pictures Of a Night Scene » ou le timbre vicelard d’Andrea sur « Wildcat ». Envie d’une boule de glace ? Deux boules, toujours deux boules !

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