Stephen McBean traîne ses savates de folkeux sous ‘amphets’ depuis belle lurette (Jerk With A Bomb), mais il y a seulement deux ans que le grand public est témoin de ses humeurs psychédéliques. D’abord chez Black Mountain, dont l’album éponyme sorti l’année dernière sentait bon le garage rock gonflé à l’EPO, puis avec ces Pink Moutaintops, projet plus serein, quasi à fleur de peau. « Axis of Evol » fait suite au disque tout rose sorti chez Jagjaguwar en 2004, et en moins d’une demi-heure convoque les fantômes du Velvet, des Sonics et de Jefferson Airplane. « Comas », c’est du folk sixties susurré d’une voix suppliante, une petite ritournelle qui n’a l’air de rien, et pourtant… Ca doit être ça, le talent : n’avoir ‘l’air de rien’ (être désinvolte ?), et réussir en quelques pincements de cordes une chanson qui vous hante le cerveau, tel un résidu d’acide. « Cold Criminals », c’est du V.U. pur jus, avec un ‘beep’ qui donne la cadence, comme si la boucle n’était jamais bouclée et qu’on était parti pour un trip infini, turbulent. « New Drug Queens », c’est du garage rock qui ‘fuzze’ et qui claque dans les doigts. Imaginez les Raveonettes en mieux (facile), du Primal Scream circa « Rocks » (et de fait, ça détonne). Puis arrive « Slaves », la pièce de résistance, huit minutes de stoner-folk tribal qui résume mieux la défonce que l’intégrale du bouquin de Tom Wolfe sur les Merry Pranksters (« Acid Test », pour rappel). Après ce trip fractal qui heureusement détend (on parle de langueur), une jolie ballade s’enquiert de Satan (« Plastic Man, You’re The Devil »). Il va bien, sa fête approche (le 6 juin prochain : le 06/06/06, 666, aaaargh !!!), d’où la bamboula qui s’empare de lui et de son pote Jésus. Ca s’appelle « Lord, Let Us Shine », et tout le monde chante en ouvrant grand ses bras. Mais toute fête a une fin, et c’est envahi de tristesse qu’on quitte Stephen McBean, qui s’interroge sur la liberté (« How We Can Get Free ») en murmurant comme au début. La liberté se conquiert-elle par la pensée, ou ne serait-ce qu’une utopie d’hippies, dont McBean serait le dernier des apôtres ? Laissons donc la musique parler, elle se débrouille très bien toute seule.
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