« Ten Stories down » constitue enfin le très attendu successeur du mémorable 'Variations on a dream'. Il démarre en trombe par une plage accrocheuse, énergique, contrastée et très lancinante évoquant Porcupine Tree. Un peu troublant vu les déclarations de Bruce Soord visant à démentir toute filiation à cet autre PT. Même si on peut difficilement nier que les deux groupes appartiennent à une même mouvance, la suite de l'album nous rappelle que le voleur d'ananas a depuis toujours sa propre marque de fabrique. La belle voix de Bruce y contribue. Elle retrouve ici plus de naturel, même si elle se complaît encore souvent dans un registre plaintif, vaporeux, et apparaît parfois trafiquée ('My own Oblivion'). Autre touche personnelle : les très fins arpèges de guitare sèche, toujours bien présents. Le groupe convie également quelques sonorités classiques et garde toujours son piano électrique sous le bras. Sans parler d'influences, les repères s'avèrent fort variés : Pineapple Thief peut être aussi oblique que Radiohead et aussi pop que Coldplay, tout en évoquant un peu Muse dans ses (rares) moments les plus énervés. Sans oublier de décocher un bref clin d'œil à Beck ('From where you're standing'). Et on n'est parfois pas très loin de ce que propose depuis peu un groupe comme Anathema. L'album ne recèle aucune plage atypique à la beauté simple et frémissante, comme l'était par exemple 'We subside' sur le précédent. Il est globalement plus construit, plus 'produit' et standardisé. Mais sur la plupart des titres on retrouve avec bonheur ce pop-prog fait de perles et de dentelles, volontiers mélancolique, toujours très séduisant dès la première écoute et aux longues résonances, auquel le groupe nous a habitués. Il mérite vraiment une carrière honorable. Si vous êtes assez rapide à l'achat, vous recevrez l'édition double CD, soit en prime huit plages plus expérimentales mais souvent intéressantes.

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