Quelques notes de piano déposées là, pêle-mêle, et des cordes en cascade comme autant de soupirs lascifs suspendus au-dessus de l’abîme. L’Allemand Max Richter nous offre ici sa propre vision d’une vie pleine de rêves consommés, quand au réveil on se lamente d’avoir les paupières et le cœur lourds. Un homme parle, c’est Robert Wyatt, il nous berce de sa voix fatiguée qui porte en elle les fantômes d’une époque révolue. Que nous dit-il ? Que rien n’est grave, qu’il faut oser se laisser emporter par ce vague à l’âme qui sied si bien à nos doutes hivernaux. Après le sublime « « The Blue Notebooks » (2004) et la production du second Vashti Bunyan, Max Richter répète à l’envi son désir de quiétude, de mélancolie fine. Philip Glass, Rachel’s, Johann Johannsson, voire Satie, Bach : l’art de la fugue, ici, se conjugue sur le mode du néo-classicisme. N’y voyez aucun désir mortifère : juste des airs de rien, une sensation de drame qui fige un instant nos pensées incertaines. Il n’y a rien à retenir de ces soundscapes pluvieux, si ce n’est de troublantes impressions d’existence au point mort. Le temps passe et la vie coule entre nos doigts gelés, tel un sablier qu’on renverse sans bruit. On ne peut rien y faire, à part en profiter.

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