The Servant écrit là sa quatrième histoire chez Recall Records. Trois ans après l’album éponyme qui les a révélés au grand public (souvenir d’une diffusion massive sur les ondes du fameux hors d’œuvre « Orchestra »), le made in London rapplique. Ciel mon Servant ! D’une classe à l’anglaise, allant même jusqu’à sortir les violons pour détruire une relation en beauté, Dan Black, micro en main, mène la danse pour une ballade en pleine campagne. Depuis son cottage molletonné à la vue imprenable sur une pop-rock traditionnelle, Black devient un hôte des plus attentionnés, mêlant une fougue embrasée à une pudeur romantique typiquement british. Soutenu par des sautes d’humeurs guitaristiques, transitant du mellow folk à quelques pirouettes rock, notre homme nous amène progressivement sur une tempérance aux couleurs locales. L’effet se fait sentir : les baguettes frôlent les peaux, la basse tente quelques vibrations et l’ensemble se fait discret.
Tout comme le majordome du film "The Servant" de Joseph Losey, le groupe joue sur les ambiguïtés. Sous des compositions prosaïques bien qu’efficaces, des textes pour ados acnéiques en mal d’amour inscrivant ‘We should be together, you and me forever’ dans les WC de leur bahut, le quartet s’étale. Et très vite, Black se perd dans des déclarations amoureuses pubères tandis que Coldplay se cache dans le fond de cette classe londonienne fredonnant le « Moonbeams » dans un snobisme à la Morrissey. Un ensemble ravissant. Trop peut-être...

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