Drôle d’idée d’avoir choisi pour patronyme, celui d’une des formations les plus intéressantes de la soul pop américaine des années 60. D’accord, au départ elle s’appelait Young Rascals avant de finir son parcours en New Rascals (NDR : c’était fin des eighties), lorsque le chanteur/claviériste Felix Cavaliere et le drummer Dino Danielli ainsi que le guitariste Cornish décident de reprendre l’aventure. A laquelle il sera rapidement mis fin, suite à des querelles incessantes entre les trois antagonistes.
Mais trêve d’histoire, venons-en à nos nouveaux Rascals (NDR : pas fait exprès, j’vous jure !) Un trio qui nous vient du Merseyside. De Wirral très exactement. Et dont le premier elpee s’intitule « Rascalize ». La presse insulaire n’est pas très tendre vis-à-vis de cet opus. Elle lui reproche de marcher constamment sur les plates-bandes des Arctic Monkeys et de The Last Shadow Puppets. Ce qui pourrait se comprendre puisque ce projet implique Alex Turner des Monkeys ainsi que Miles Kane des Rascals. Mais franchement, après écoute attentive, on se rend compte que les influences sont bien plus subtiles voire même complexes.
Le climat est ainsi parfois lugubre, menaçant, mystérieux. A l’instar du titre maître de l’elpee. Finalement assez proche de Bauhaus. La basse y est sombre, presque cold (NDR : une règle générale d’ailleurs), alors que la voix de Kane emprunte des inflexions à Peter Murphy. Un climat que l’on retrouve sur le psychobilly « Does your husband know that you’re on the run ? ». Même si pour la circonstance, la basse se met à tracer. Et puis la guitare à gémir, à hurler. Un peu comme si le vent soufflait dans les immenses pièces d’un château hanté, alors que la voix libère ses incantations redoutables. Psychotiques, reverb, discordants, acérés, jaillissants, frénétiques, cosmiques ou arides (funk blanc !), les riffs de guitare se révèlent plutôt amples tout au long de cette œuvre. Morceau final, « I’ll give your sympathy » recèle même des accès de grunge épurés, alors que la ligne de basse se révèle tantôt paresseuse, tantôt venimeuse. Maintenant, il est vrai qu’en choisissant David Lynch pour référence en matière de lyrics, cet elpee ne pouvait baigner qu’au sein d’une atmosphère ténébreuse. Ce qui n’empêche pas ce « Rascalize » d’être de toute bonne facture…

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