Est-il étonnant de baptiser son groupe Swan Lake quand on s’appelle Bejar ? En l’absence du ‘t’ final, les liens familiaux ne sont pourtant pas à chercher du côté de Maurice... Béjart. En attendant, nous sommes là, assis sagement, écoutant attentivement le ballet de ces trois stars du rock indépendant : Daniel Bejar (chef d’orchestre chez Destroyer et chef de file des excellents New Ponographers), Spencer Krug (des incomparables Wolf Parade) et Carey Mercer (Frog Eyes). Le trio s’applique ici à retravailler le concept de super-groupe. Et, comme souvent dans ce genre d’états généraux du rock, l’expérience présente quelques failles. Aussi, au lieu de converger vers un moule nouveau, berceau créateur de substances évolutives, les trois musiciens entretiennent ouvertement le mythe de leur formation respective. Chacun apporte sa voix, cherchant à l’emporter sur les des deux autres. Les atmosphères des trois groupes se côtoient ainsi sans jamais se rencontrer. Triste constat. Mais ne baissons pas les bras : une chanson du calibre de « Nubile Days » évoque, en effet, le meilleur de Wolf Parade. C’est déjà ça...

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