Un peu plus d’un an auparavant, Ra Ra Riot publiait un EP éponyme et diffusait quelques démos sur le net dont une reprise du « Hounds Of Love » de Kate Bush. Un épisode rapidement répercuté au sein des nombreux refuges de la planète blog. Une petite hype pointait son nez. Mais en pleine genèse de son succès, la formation originaire de New York a dû essuyer l’un des pires événements de sa carrière naissante. Un matin de juin 2007, le corps inanimé de John Pike, le batteur, est retrouvé sur l’une des baies de la Grosse Pomme. Un coup dur pour les autres membres du groupe qui, après un deuil de quelques semaines, annoncent leur décision de poursuivre l’aventure. Il a cependant fallu attendre de longs mois avant de voir émerger « The Rhumb Line », un premier essai qui permet au quintet de sortir la tête des eaux troubles et de reprendre les affaires là où ils avaient été contraints de les abandonner.
Ce regrettable incident a probablement joué un rôle dans la douce mélancolie libérée par « The Rhumb Line ». Une mélancolie provenant essentiellement des vocalises affectées de Wesley Miles qui pose un voile nostalgique au-dessus l’œuvre, même sur les morceaux les plus rapides. Ce qui n’empêche en rien des extraits tels que « Too Too Too Fast », « Each Year », « Dying Is Fine » ou « Ghost Under Rocks » de constituer de merveilleuses petites perles d’indie pop entêtante. Sans être tout à fait exceptionnel, « The Rhumb Line » est un ouvrage plutôt honnête dans l’ensemble. Il offre une palette assez large de mélodies accrocheuses et convaincantes mais porte néanmoins en son sein quelques passages souffrant d’un léger manque de relief (« Suspended In Gaffa », « Winter ‘05 », « Oh, La »). Ce petit point négatif ne devrait pas empêcher Ra Ra Riot de retrouver la place qui lui est réservée dans l’impitoyable monde de la hype indie.

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