En consultant le booklet du septième album d’Oasis on ne peut que penser au célèbre « Sergent Pepper’s » des Fab Four. A cause du recours à ce pop art bien spécifique ; même si les moyens technologiques sont aujourd’hui bien plus conséquents. Et bien sûr, des références aux Beatles jalonnent tout l’album ; mais pas seulement. D’abord, il faut reconnaître que la bande aux frères Gallagher s’est rendu compte qu’en continuant dans la lignée de « Don’t believe the truth », elle allait droit dans le mur. On ressent donc, tout au long de cet opus, une véritable volonté de changement, même si c’est toujours Dave Sardy (Dandy Warhols, Marilyn Mansun, Slayer, Cold War Kids) qui se charge de la production. Et il faut reconnaître que le résultat est plutôt convainquant. Un disque qui a été enregistré aux mythiques studios Abbey Road (NDR : ben tiens !) et mixé au Village Recorder de Los Angeles.
Hormis la ballade à l’eau de rose « I’m outta time » et le trop moyen « Ain’t go nothin’ », le reste passe plutôt bien la rampe. Et baigne très souvent dans une électricité vivifiante. A l’instar de « Bag it up », morceau qui ouvre l’elpee et adresse déjà un premier clin d’œil au psychédélisme des Beatles. Ou encore « The turning », dont le groove insidieux, puissant et hypnotique n’empêche pas la mélodie d’être contagieuse. Et soudain, c’est le spectre du Plastic Ono Band qui se met à planer. Tout d’abord sur le swamp rock démoniaque « Waiting for the rapture ». A cause d’une des deux lignes de guitare, aussi cinglante que celle qui survoltait « Cold turkey », même si l’intro semble avoir été pompée au « Five to one » des Doors. Et puis tout au long de « (Get off your) high horse lady ». Un country blues réminiscent du « Double blanc », mais dont le tempo binaire est calqué sur celui du « Give peace a chance » du P.O.B. Quant à savoir si ce sont des portes de garde-robes qui ont été utilisées, c’est une autre histoire. Autre compo très électrique, le single offensif « The shock of the lightning » tisse une bien jolie mélodie, alors que les vocaux épousent des inflexions sinusoïdales. C’est une des rares fois où Liam hulule. Signé Andy Bell, « The nature of reality » campe un boogie ‘hénaurme’ sous tension constante. C’est encore Bell qui balise le groove presque house du raga « To be where there’s life », une plage issue de la plume de Gem Archer, cependant. Mais les deux titres les plus intéressants sont, à mon humble avis, « Falling down ». Une sorte de cocktail entre psychédélisme et new wave, élaboré en crescendo dans l’esprit de Talk Talk. Une sensation accentuée par ce mince filet de clavier vintage. Et puis tout au long du lancinant et tourmenté « Soldier on ». Un titre à l’atmosphère étrange, troublante, traversée par des oscillations de claviers presque floydiens. Et pour en revenir aux Beatles, sachez que c’est toujours Zak Starkey, le fils de Ringo Starr, qui siège derrière les fûts.
L’édition limitée de l’opus propose un bonus Dvd consacré au ‘making of’ de l’enregistrement du disque et à deux clips vidéo. Une excellente surprise !

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