Difficile de passer derrière celui qui aura apporté un minimum de crédibilité au milieu peu apprécié du télé-crochet. Et après ses performances décalées à la ‘Nouvelle Star’ de M6, dieu sait que les critiques l’attendaient au tournant, prêt à apposer l’étiquette ‘caricature’ sur la pochette de son premier essai. A ces derniers, Julien Doré répond par un joli bras d’honneur adressé sous la forme d’un « Ersatz », écartelé entre rutilance et disparité réfléchie. « Les Limites », le frétillant single porte-drapeau, était loin d’annoncer la couleur. Et le jeune homme le fait comprendre dès les plages d’ouverture. « Acacia » et son écriture à la Nick Cave ou « Les Bords de Mer » dévoilent un Julien Doré folky et un brin plus affecté qu’il n’y paraît.
« Ersatz » contient de véritables réussites telles que « De Mots », fruit d’une excellente collaboration entre Doré et Arno, « Les Limites », « First Lady », « Figures Imposées » le second single très 80’s relevé par un clip divinement kitch et, surtout, le ravissant « Piano Lys ». Mais parce que son premier disque ne pouvait être parfait, Doré se barre parfois dans des délires accessoires comme sur le politiquement incorrect « Bouche Pute » dont seule la seconde partie instrumentale relève l’intérêt, la reprise falote du « SS In Uruguay » de Gainsbourg ou encore « Pudding Morphina » un duo avec Christophe interprété dans un anglais plus qu’approximatif. Malgré ces quelques faiblesses, « Ersatz » est un premier travail efficace dont les failles devraient permettre à Julien Doré de confectionner un second ouvrage solide. Just wait and see…

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